Un rêve de gosse. Sébastien Prieto, joueur franco-anglais de 22 ans, s’apprête à disputer les Jeux Olympiques de Londres en 2012 sous les couleurs de la Grande-Bretagne. Handballeur moyen en France, l’ailier droit de la sélection britannique est devenu depuis cette année joueur professionnel de handball. Titulaire lors du challenge Marrane, Sébastien Prieto nous explique son parcours atypique.
Après avoir vécu 19 ans en France, comment es-tu arrivé à porter les couleurs de la Grande-Bretagne ?
Je suis né à Monaco dans le sud de la France. Ma mère est anglaise donc je possède la double nationalité. J’ai joué au hand pendant quelques années à Monaco en équipe de jeunes, en super-excellence, mais c’était plus du loisir qu’autre chose. A mes 19 ans, je suis parti vivre à Londres où j’ai travaillé pendant un an et demi sans toucher au handball. Puis je suis tombé sur le site de la BBC. La fédération britannique souhaitait monter une équipe de hand pour bien figurer aux JO de 2012. Ils voulaient recruter des joueurs d’un peu partout en Europe. Je les ai contactés par cette annonce et ma carrière sous l’équipe britannique a débuté.
Comment avez-vous fait pour passer d’un club amateur à une équipe nationale ?
Après quelques tests concluants, la fédération m’a proposé de vivre au Danemark pour apprendre le hand de haut-niveau. C’était intensif. J’ai rejoint une académie de hand où on s’entrainait deux fois par jours. Dans le même temps, j’ai signé dans un club de troisième division danoise en 2006 pour parfaire mon apprentissage. Et cette saison, j’ai obtenu un contrat pro avec l’équipe d’Holstebro au Danemark en 1ère division. C’est ma première année dans ce club donc je ne joue pas beaucoup. De plus, l’ailier droit titulaire est le premier à son poste en équipe nationale de Norvège. Mais j’apprends tous les jours dans l’un des meilleurs championnats.
Pourquoi la fédération diffuse-t-elle ce genre d’annonces ?
Les Britanniques ne connaissent pas le handball. Seul deux ou trois joueurs anglais de la sélection jouent en club en Angleterre. Il n’y en a pas beaucoup car ce sont surtout les joueurs étrangers qui évoluent en Grande-Bretagne. La fédération a donc décidé de trouver d’autres handballeurs qui possèdent une double nationalité. C’est une parade pour contrer le déficit de joueurs purement britanniques.
Avec un niveau d’ensemble assez faible, quels sont les objectifs du hand britannique ?
Dans un premier temps, nous devons faire bonne figure aux JO de Londres chez nous et ne pas perdre avec trop de buts d’écarts, surtout contre les équipes européennes. Mais nous souhaitons battre les équipes africaines, asiatiques ou américaines. A plus long terme, nous désirons développer le hand en Grande-Bretagne. Comme l’Australie a pu le faire en 2000 avec une augmentation de demande de licences chaque année depuis les Jeux de Sydney. L’aventure ne fait que commencer.
Romain Poujaud










